Planification urbaine en République centrafricaine : la Banque mondiale et le Ministère de l’Urbanisme mobilisent les expertises autour des défis et des perspectives de la ville de demain

La Banque mondiale, en collaboration avec le Ministère de l’Urbanisme, de la Réforme Foncière, de la Ville et de l’Habitat à travers le Projet des Villes Inclusives et Résilientes (PROVIR), a lancé ce mercredi 21 octobre 2026, à Bangui, un atelier de planification urbaine réunissant des experts internationaux et nationaux, des représentants des administrations publiques et des acteurs institutionnels. Prévue du 21 au 23 octobre, cette rencontre vise à approfondir la réflexion sur les enjeux de l’urbanisation en République centrafricaine, à partager les expériences et à identifier des pistes d’action pour une gestion urbaine mieux planifiée, inclusive et durable.

Une mobilisation institutionnelle autour des défis urbains

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Directeur de Cabinet, représentant le Ministre de l’Urbanisme, de la Réforme Foncière, de la Ville et de l’Habitat. Elle a enregistré la participation des experts en urbanisme de la Banque mondiale, des experts et chargés de mission de différents ministères sectoriels, ainsi que du Coordonnateur National du PROVIR accompagné de certains de ses experts .

Cette mobilisation témoigne de l’importance accordée à la planification urbaine dans un contexte où les villes centrafricaines sont confrontées à des défis croissants : expansion urbaine, occupation parfois anarchique de l’espace, insuffisance des infrastructures et des services de base, vulnérabilité aux inondations et difficultés de coordination entre les acteurs de la gouvernance urbaine.

Au-delà du partage de connaissances, l’atelier constitue un cadre de réflexion collective sur les mécanismes institutionnels, techniques et opérationnels susceptibles de favoriser un développement urbain maîtrisé, au service des populations.

Comprendre les problématiques urbaines pour mieux préparer l’avenir

La première journée a été consacrée à un examen approfondi des principales problématiques liées à l’urbanisation en République centrafricaine. Les échanges ont notamment porté sur les rôles et mandats des communes et des administrations centrales, les responsabilités des différents acteurs de la gouvernance urbaine, ainsi que les conditions nécessaires à la mise en place d’une gestion urbaine planifiée.

Les participants ont également débattu des enjeux et des risques associés à une urbanisation non maîtrisée. Ces discussions ont permis de mettre en perspective les conséquences d’une planification insuffisante sur l’organisation des quartiers, l’accès aux services essentiels, la sécurité des populations et la capacité des villes à faire face aux risques environnementaux et climatiques.

Les contributions des experts de la Banque mondiale, croisées avec les expériences des représentants des administrations nationales et des acteurs du secteur urbain, ont enrichi les échanges. L’objectif est de mieux comprendre les défis propres au contexte centrafricain tout en tirant des enseignements d’expériences susceptibles d’éclairer les politiques et les pratiques nationales.

Du débat à la pratique : le terrain comme outil d’apprentissage

L’une des particularités de cet atelier réside dans son approche participative, qui associe les présentations techniques aux exercices pratiques. Les travaux en groupes permettent aux participants de confronter leurs analyses, de mettre en application les notions abordées et d’explorer collectivement des solutions aux difficultés rencontrées dans la gestion des espaces urbains.

Cette démarche est complétée par une descente sur le terrain destinée à rapprocher les réflexions théoriques des réalités vécues dans les quartiers de Bangui.

À cet égard, le quartier Seydou constitue un cas d’étude particulièrement instructif. Cette visite permet aux participants d’observer concrètement les dynamiques d’organisation et d’évolution d’un quartier, d’en apprécier les réalités et d’examiner les enseignements à tirer des pratiques de gestion urbaine, tant positives que problématiques.

L’observation directe offre ainsi un support concret aux discussions techniques et favorise une meilleure compréhension des liens entre planification, occupation de l’espace, organisation des quartiers et conditions de vie des habitants.

Le PROVIR, un engagement en faveur de villes inclusives et résilientes

Pour le Projet des Villes Inclusives et Résilientes, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de renforcement des connaissances et de partage d’expériences autour des enjeux du développement urbain. Le PROVIR œuvre à améliorer l’accès aux infrastructures résilientes aux changements climatiques et aux services de base dans les villes ciblées par le projet, notamment Bangui et Berbérati.

La participation du projet à cet atelier traduit l’intérêt d’une approche intégrée de la ville, dans laquelle les investissements en infrastructures doivent s’articuler avec une meilleure planification, une gouvernance urbaine efficace et une prise en compte durable des besoins des communautés.

En réunissant les expertises nationales et internationales autour de problématiques communes, l’atelier contribue à nourrir la réflexion sur les leviers d’une urbanisation mieux maîtrisée et sur les conditions nécessaires à la construction de villes plus sûres, plus accessibles et plus résilientes.

Trois jours pour partager les expériences et dégager des perspectives

Prévu jusqu’au 23 octobre 2026, l’atelier se poursuit avec des travaux techniques et des échanges destinés à approfondir les enseignements tirés des premières discussions et des observations de terrain.

À travers cette initiative conjointe, la Banque mondiale, le Ministère de l’Urbanisme et le PROVIR réaffirment l’importance de la concertation entre les institutions, les collectivités et les experts pour relever les défis de l’urbanisation en République centrafricaine.

Car planifier la ville aujourd’hui, c’est anticiper les besoins de demain, réduire les risques auxquels les populations sont exposées et créer les conditions d’un développement urbain durable et inclusif.

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